Un monde à découvrir : la biodiversité

Un monde à découvrir : la biodiversité
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Sommaire de l'article
Les évaluations conduites sur la biodiversité
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La mer reste un monde inexploré et peu connu. Alors que l'exploitation des ressources halieutiques et énergétiques a longtemps canalisé la connaissance des milieux marins, de larges initiatives d'évaluation des écosystèmes marinsont été lancées depuis la fin du xxe siècle. Se pose aujourd'hui le défi de la mobilisation de la connaissance pour la protection des océans.

Quatre-vingt quinze pour cent de la biosphère  Les habitats marins et côtiers sont notamment les récifs coralliens, les mangroves, les herbiers, les estuaires, les cheminées hydrothermales, les monts sous-marins et les sédiments meubles sur le plancher océanique, qui se situent bien en deçà de la surface. et une très grande partie de la biodiversité planétaire se trouvent dans le milieu marin. Toutefois, notre connaissance de la biodiversité marine reste particulièrement limitée. Malgré les recherches scientifiques soutenues par la coopération multinationale au cours des cinquante dernières années, les océans sont en grande partie inexplorés. Alors qu'on dénombre plus de 1  500 personnes qui ont gravi le mont Everest et que plus de 300 sont allées dans l'espace et 12 sur la Lune, seuls 5 % du plancher océanique ont été explorés et deux plongeurs seulement sont descendus au plus profond des océans et en sont remontés. Nous souhaitons mettre en lumière les lacunes des connaissances accumulées et les efforts multilatéraux qu'il faudrait déployer pour les combler, en insistant en particulier sur la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services d'écosystèmes (IPBES). L'étude scientifique des océans doit être une priorité internationale car les écosystèmes marins génèrent d'importants " services écosystémiques " - comme par exemple les denrées alimentaires, les molécules anticancéreuses ou la régulation du climat  Il est particulièrement frappant de savoir que 93 % du CO2 de la planète est stocké et recyclé par les océans, qui " séquestrent " également 50 % du carbone atmosphérique. - et que les milieux marins sans exception n'échappent pas aux conséquences délétères des activités humaines : changement climatique, eutrophisation, pêche, destruction des habitats, hypoxie, pollution et introduction d'espèces.

La découverte d'un monde inconnu

L'histoire des découvertes en biodiversité marine est décrite en détail par Costello [Costello et alii, 2010]. La date des relevés effectués pour étudier cette biodiversité varie selon les mers et les pays, mais on peut distinguer trois grandes périodes de découverte. La phase exploratoire est étalée du milieu du xviiie siècle jusqu'à la fin du xixe siècle, réalisée au cours de grands voyages d'exploration. Viennent ensuite les études " descriptives " des côtes, effectuées au milieu du xxe siècle, au moment de la création des grands instituts et stations de recherche océanographiques. Enfin, des recherches multidisciplinaires à grande échelle ont été réalisées depuis les années 1990, liées au développement de technologies modernes et à des projets de recherche multinationaux de grande ampleur. La synthèse de ces efforts se poursuit encore aujourd'hui : le Recensement de la vie marine (Census of Marine Life) est considéré comme la plus grande initiative du début du xxie siècle dans ce domaine.

Avant la Seconde Guerre mondiale, l'océanographie biologique se concentrait sur deux thèmes principaux. Le premier, le plus important, focalisait sur les ressources halieutiques intéressantes pour la pêche. On s'intéressait alors à la cartographie des ressources exploitables, leur variabilité et leur richesse. Le second thème avait une orientation plus exploratoire au sens strict. L'observation d'animaux exotiques et étranges suscitait l'intérêt des scientifiques et du grand public. Après le conflit mondial, l'océanographie biologique a changé peu à peu pour s'intéresser de plus en plus à la connaissance du fonctionnement des écosystèmes marins, dans un objectif de protection et de prévention de destructions induites par l'exploitation de ressources ou à cause des pollutions.

L'étude de la biodiversité marine s'est faite selon diverses méthodes au cours de l'histoire. Elle a commencé par des nomenclatures reposant sur des analyses comparatives de l'anatomie, de la morphologie, de l'embryologie, de la physiologie et du comportement. Au milieu du xixe siècle, Ernst Haeckel a inventé des noms pour les différentes branches de l'arbre de l'évolution, devenu plus tard la base de la taxonomie, science de la classification. Parallèlement à l'émergence de nouvelles technologies permettant de visiter les espaces sous-marins, l'investigation biologique de l'océan a vu son rythme s'accélérer pendant la première moitié du xxe siècle. Aujourd'hui, les nouveaux logiciels et la puissance de calcul accrue des ordinateurs permettent aux chercheurs d'analyser les importantes bases de données récoltées au cours de l'histoire et sur des sites très divers [Huettmann et Cushman, 2009] et de modéliser la dynamique de développement des populations, par exemple.

Les modèles permettent aujourd'hui d'estimer la biodiversité marine. Le Système d'information biogéographique sur l'océan (OBIS) recense aujourd'hui 22 millions d'espèces, alors que de nouvelles méthodes devraient permettre d'en découvrir bien davantage  La méthode du pyroséquençage des microbes dans des échantillons d'eau permettra d'identifier jusqu'à 10 000 espèces holoplanctoniques dans les années à venir [O'Dor et alii, 2010]. À l'aide d'une méthode de séquençage massivement parallèle, Sogin et alii [2006] se sont aperçus que les communautés bactériennes des profondeurs comptaient plus d'un million d'espèces. , en particulier à mesure que la recherche s'éloigne des côtes : on estime que la biodiversité des fonds sous-marins est l'une des plus riches de la planète [Ramirez-Llodra et alii, 2010]. La haute mer est en effet l'environnement le plus vaste de la Terre et compte de nombreux sous-habitats, aux caractéristiques abiotiques et biologiques uniques, et une biodiversité particulièrement riche (lire le focus p. 176 à ce sujet).

Le corpus de connaissances assemblé s'étoffe de jour en jour mais nul ne sait précisément combien d'espèces marines nouvelles sont découvertes chaque jour. On ne dispose pas d'estimations mondiales de la biodiversité marine, soit parce qu'elles n'ont pas été effectuées soit parce qu'elles n'ont pas été publiées. Un calcul simple réalisé à partir du Recensement de la vie marine permet de dire que près de 6 000 espèces nouvelles ont été découvertes au cours de ces dix dernières années. Cela nous permet d'estimer que près de deux espèces nouvelles sont découvertes chaque jour. Dans la seule décennie 2000-2010, au moins 1 200 espèces inconnues auparavant ont été découvertes. Certaines collections de spécimens sont toujours en cours d'analyse et conduiront certainement à de nouvelles descriptions d'espèces [Costello et alii, 2010]. Peu à peu, des bases de données de portée mondiale se constituent. Aujourd'hui, on en dispose sur les aspects suivants : espèces marines, habitats importants/zones critiques et vastes écosystèmes tels que l'océan, ainsi que les ressources génétiques marines [PNUE et COI/Unesco, 2009].

Contrairement à des disciplines telles que l'océanographie physique ou chimique, la biologie marine se heurte à des problèmes fondamentaux lorsqu'elle cherche à évaluer l'écosystème pélagique abyssal : moins de 0,001 % du plancher océanique profond a été examiné [Stuart et alii, 2008]. Par ailleurs, on remarque que les bases de données existantes se rapportent principalement à des groupes spécifiques, comme les espèces de pêche dominantes et les oiseaux de mer, les mammifères marins et la macroflore côtière. Elles présentent des lacunes majeures sur les prises accidentelles, ce qui empêche toute estimation précise pour de nombreuses espèces, comme les tortues de mer, les requins et les petits cétacés. Il est important de poursuivre l'effort de collecte de données pour des espèces aussi diverses que les invertébrés marins, les algues et le zooplancton.

Les initiatives de récolte d'information produisent un savoir fragmenté. Ainsi, par exemple, la plupart des évaluations de la biodiversité mondiale (à l'exception de celles relatives aux pêcheries) se concentrent sur des habitats sensibles situés près des côtes et sur les espèces marines en danger ou menacées d'extinction. Les évaluations sont par ailleurs souvent axées sur un problème particulier, comme l'acidification des récifs coralliens [Turley et alii, 2007]. Certes, dans certains pays, la collaboration entre organisations non gouvernementales (ONG) et organisations intergouvernementales (OIG) a permis d'étoffer les évaluations et, partant, de définir les priorités pour la protection et la conservation des sites. Cependant, il n'existe pas de synthèse mondiale qui relie les habitats sensibles à petite échelle et/ou les espèces en danger/menacées d'extinction, d'une part, et les écosystèmes régionaux de plus grande ampleur, d'autre part. Cela engagera à réaliser davantage d'évaluations d'impact multisectorielles  Sala et Knowlton [2006] ont publié une synthèse des connaissances scientifiques sur les tendances mondiales de la biodiversité marine. , qui ne couvrent aujourd'hui que les zones déclarées protégées, délaissant l'immense majorité du milieu marin.

Une évaluation systématique de l'état du milieu marin 

Des initiatives internationales de grande ampleur ont été engagées au cours de la dernière décennie pour évaluer la biodiversité des océans et procurer aux décideurs politiques une vision globale et commune de l'état de l'environnement marin.

La première s'appelle " l'Évaluation des évaluations " (Assessment of Assessments), qui fait partie du projet international de réaliser régulièrement des évaluations de l'état de l'environnement marin. Ce travail inclut les aspects socioéconomiques bien au-delà de la pêche et le transport maritime, et cherche à faire le lien entre les travaux réalisés par divers programmes indépendamment les uns des autres. L'Évaluation des évaluations a accordé en particulier un rôle de premier plan au Recensement de la vie marine (Census of Marine Life), lancé en 2000, projet de 10 ans visant à évaluer et expliquer la diversité, la distribution et la richesse de la vie dans les océans : passé, présent et futur [Vanden Berghe et alii, 2007]  Le Census of Marine Life est financé par la Fondation Alfred P. Sloan pour répondre à l'incapacité des pays à remplir l'obligation de cataloguer les espèces marines imposée par la Convention sur la diversité biologique (CDB) [National Research Council, 1995]. Le projet réunit des chercheurs de plus de 45 nationalités. .

L'Évaluation des évaluations est le fruit d'un long processus de négociation, dont on peut voir les prémisses en 1992 avec la Conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement tenue à Rio, lors de laquelle les États se sont engagés à améliorer la compréhension de l'environnement marin, afin de mieux évaluer la situation actuelle et son évolution [Nations unies, 1993]. En 1999, à la Commission des Nations unies sur le développement durable, les autorités des différents pays ont approuvé le principe d'une évaluation systématique de l'environnement marin, capable de donner des informations précises aux décideurs [CNUDD, 1999]. Cette idée a évolué en décision politique lors du Sommet mondial sur le développement durable (SMDD) de 2002, où a été instauré un mécanisme d'évaluation systématique à l'échelle mondiale de l'état du milieu marin à compter de 2004. L'Assemblée générale des Nations unies a donné son aval en 2002 et désigné en 2005 le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) et la Commission océanographique intergouvernementale de l'Unesco (COI-Unesco) comme chefs de file  Sur ce projet, ces deux organisations travaillent en collaboration avec des agences et programmes des Nations unies concernés : l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'Organisation maritime internationale (OMI), l'Autorité internationale des fonds marins (AIFM), la Division des affaires maritimes et du droit de la mer (DOALOS) et l'Organisation météorologique mondiale (OMM). pendant les trois années de la phase de démarrage.

L'Évaluation des évaluations sur la biodiversité a synthétisé les menaces les plus urgentes au niveau régional et mondial et analysé les capacités institutionnelles requises pour mener les évaluations à venir. Elle a permis d'identifier plusieurs projets d'envergure portant sur la collecte de données et la constitution de bases de données à l'échelon régional et mondial. Ce processus constitue une innovation majeure, car la collecte de données est rarement motivée par la volonté de jauger les utilisations spécifiques d'une ressource marine ou d'un écosystème marin donnés ou encore les impacts qu'ils subissent, ce qui limite ses possibilités d'intégration dans les évaluations marines  Ainsi, un manuel socio-économique de 2000 sur la gestion des récifs coralliens [Bunce et alii, 2000] fait état de la nécessité d'intégrer des aspects biophysiques et socio-économiques dans les évaluations portant sur ces récifs. . Par ailleurs, l'évaluation économique de la biodiversité marine et côtière constitue une autre nouveauté, car il n'existe à ce jour aucune évaluation planétaire, si ce n'est un récent rapport de l'Institut des ressources mondiales qui présente des évaluations locales pour les récifs des Caraïbes [Burke et alii, 2008].

Selon les recommandations du rapport de l'Évaluation des évaluations, le premier cycle (2011-2015) du Mécanisme régulier proposé sera construit sur plusieurs piliers principaux. Le renforcement des capacités, l'amélioration des connaissances et des méthodes d'analyse communes sont les premiers. Il prévoit également l'intensification de la mise en réseau des participants à l'évaluation, des programmes internationaux de surveillance et de recherche et, enfin, la mise au point d'outils et de stratégies de communication ciblant des publics divers. Des mises à jour régulières sur chaque zone marine sont prévues pour informer l'élaboration des politiques publiques.

L'IPBES, une plateforme scientifique et politique sur la biodiversité

L'accumulation de données et de connaissances ne suffit pas. La protection de la biodiversité nécessite une plateforme scientifique et politique, analogue au GIEC pour les questions climatiques. L'interface science/politique actuelle englobe de multiples mécanismes nationaux et internationaux. C'est particulièrement vrai dans l'environnement marin, où plusieurs entités relevant ou non des Nations unies fournissent des données scientifiques sur la biodiversité marine  Par exemple : la Convention sur la diversité biologique (CDB), l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Groupe mixte d'experts sur les aspects scientifiques de la protection de l'environnement marin (GESAMP), l'Initiative internationale pour les récifs coralliens (IIRC), la Commission baleinière internationale (CBI), la Division des affaires maritimes et du droit de la mer des Nations unies (UN/DOALS), l'Évaluation des écosystèmes pour le Millénaire (EEM). . La fragmentation des missions entre différentes organisations et, souvent, les failles de leurs processus scientifiques, empêchent d'obtenir une vision globale de l'état de la biodiversité à l'échelon mondial et régional. En d'autres termes, l'échelle de gouvernance permettant une vision mondiale ne correspond pas à l'échelle des données disponibles sur la biodiversité.

Une vision globale doit tenir compte de ce décalage : des initiatives mondiales doivent intégrer des " gros plans " locaux et régionaux, afin de comprendre les vastes processus écologiques et les impacts cumulés, et d'analyser les conséquences et les problèmes qui en découlent pour la gouvernance. Lorsque les décisions sont prises aux échelons locaux, les connaissances permettent souvent de faire des choix ou de prendre des décisions, non qu'elles en soient la simple " traduction ", mais à la suite de leur analyse par les acteurs concernés. Bien souvent, ce processus participatif confère au savoir sa légitimité et sa pertinence véritables [Cash et alii, 2003].

Une plateforme science/politique intergouvernementale dédiée pourrait donner plus de substance à ces contributions à l'élaboration des politiques publiques, en garantissant la crédibilité, la légitimité et la pertinence des constats et recommandations scientifiques récents. Au fil du temps, les évaluations font évoluer la perception de certaines questions, ce qui donnera plus de poids aux évaluations ultérieures, comme l'a montré la série d'évaluations du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat [GIEC, 2002]. L'IPBES, surnommé le " GIEC de la biodiversité ", a vu le jour en 2008 sous la houlette du PNUE. Son objectif est de se concentrer sur les critères et l'infrastructure des données et de l'information pour la science de la biodiversité. Les informations recueillies renforcent et harmonisent l'utilisation des modèles de prévision des changements planétaires, et repèrent les domaines nécessitant des informations pertinentes et un effort scientifique. L'IPBES sera en relation avec le Réseau d'observation de la biodiversité du Groupe sur l'observation de la Terre (GEO-BON), un projet de collaboration qui regroupe plus d'une centaine d'organisations, notamment gouvernementales, qui mettent déjà en commun des données et des analyses portant sur la biodiversité [Larigauderie et Mooney, 2010].

Ces processus participatifs sont certes très coûteux, mais ces coûts pourraient s'avérer minimes sur le long terme par rapport à ceux d'un échec imputable à un manque de pertinence, de légitimité et de crédibilité [Soberon et Sarukhan, 2010]. Le cadre de l'IPBES permettra de synthétiser des données régionales à l'échelle mondiale et de communiquer efficacement les enseignements tirés. Le succès de cette initiative dépend de la qualité des scientifiques participants et de l'indépendance de leurs travaux, comme le montre le GIEC. On espère que le caractère international, l'approche consensuelle des connaissances scientifiques et le processus transparent d'examen par les pairs rendront les rapports plus légitimes et utiles aux yeux des décideurs nationaux. La périodicité de l'IPBES vise, sur la durée, à mobiliser l'opinion publique et à structurer la communauté scientifique autour d'un ensemble d'objectifs communs, accélérant les progrès tant dans le domaine scientifique que dans celui des politiques publiques concernées.

En juin 2010, la consultation préparatoire finale sur l'IPBES qui s'est tenue à Busan (Corée du Sud) a débouché sur une proposition à l'intention de l'Assemblée générale des Nations unies : l'IPBES aura le statut d'un organisme intergouvernemental indépendant, administré par une ou plusieurs agences existantes des Nations unies. Les " parties prenantes " qui pourront formuler des demandes sont les pouvoirs publics, les parties aux six accords multilatéraux sur la biodiversité (y compris la Convention du patrimoine mondial), les agences des Nations unies, les organisations non gouvernementales et le secteur privé.

En décembre 2010, l'Assemblée générale des Nations unies a décidé que le Programme des Nations unies pour l'environnement engagerait les premières mesures pour créer ce nouvel organe international, et la première réunion aura probablement lieu à l'été 2011. Avec la mise en place du Mécanisme régulier et de l'IPBES en 2011, la question de la biodiversité marine sera traitée dans deux forums. Il est par conséquent essentiel que l'IPBES coordonne, plutôt qu'il ne duplique, les évaluations existantes et futures, telles que le Mécanisme régulier. Dans les prochains mois, les pays membres des Nations unies devront décider de l'articulation entre l'IPBES et le Mécanisme régulier, et réfléchir aux moyens d'éviter les doublons et le gaspillage des ressources. Il s'agira de relever un défi intéressant et sans précédent. Ce serait une erreur que d'essayer de remplacer l'un par l'autre ou d'intégrer l'un dans l'autre. Le Mécanisme régulier et l'IPBES répondent à des besoins et à des interlocuteurs différents et agissent de manières assez spécifiques, car ils ont des objectifs et des origines qui leur sont propres.

Conclusion

Des recherches à des échelles géographiques inédites seront nécessaires afin non seulement d'approfondir notre connaissance de la biodiversité et des écosystèmes, mais aussi d'évaluer l'importance des ressources que procure l'environnement marin. Si les connaissances scientifiques se sont fortement étoffées depuis ces 50 dernières années, essentiellement grâce aux progrès technologiques, il reste à voir comment les autorités nationales et les organisations internationales en feront un usage efficace, que ce soit à des fins de conservation de la biodiversité ou de gestion durable. L'IBPES et le Mécanisme régulier font naître l'espoir d'avancées à venir sur l'un des aspects du problème, à savoir l'adéquation entre l'action locale et le défi scientifique mondial.

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