Transports urbains : maîtriser l'offre et la demande

Transports urbains : maîtriser l'offre et la demande
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Sommaire de l'article
à villes denses, transports légers
Trois mondes de transports urbains
Comment se déplace les urbains au Sud ?
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Repère 17

En 1850, un individu parcourait en moyenne 1 500 kilomètres par an, principalement à pied. Aujourd'hui, la moyenne mondiale est de 4 500 kilomètres par an, dont près de la moitié en voiture individuelle. Le trafic de marchandises a été lui multiplié par 1 000 en 150 ans. Ces transports absorbent plus de la moitié de la consommation mondiale de pétrole. Les villes, concentrant les richesses matérielles et la moitié de la population mondiale, représentent aussi l'essentiel des déplacements, l'équipement des urbains en véhicules dépendant autant de leur niveau de revenus que de la forme de la ville.

Dans les villes en développement, le taux de motorisation est bien souvent inférieur à 300 voitures pour 1 000 habitants, alors qu'il varie de 300 à 800 véhicules pour 1 000 habitants dans les pays de l'OCDE. Néanmoins, à niveaux de PIB similaires, les villes de ces pays présentent des résultats suffisamment différents pour souligner le poids des trajectoires d'urbanisation et du prix de l'énergie. Les villes américaines, très extensives, ont été façonnées par l'automobile à la fin du xixe siècle. Plus anciennes, les villes européennes ou japonaises disposent de moins d'espace. L'urbanisation plus dense a réduit d'autant les besoins de mobilité et le taux de motorisation, même si la tendance actuelle en Europe est à l'étalement urbain. Dans les villes en développement, c'est la faiblesse des revenus par habitant qui limite, de fait, le niveau de consommation d'énergie pour les transports. L'enjeu ici est de découpler croissance économique et consommation d'énergie, notamment en maintenant une forme urbaine dense limitant les besoins de transport des citadins.

À pied, en bus ou à deux-roues ? L'économie, la géographie et l'histoire des villes expliquent la configuration des transports urbains. La marche à pied reste le principal mode de déplacement à Dakar (Sénégal), comme dans la plupart des villes africaines, représentant 75 % des déplacements. Les mini bus assurent 14 % des déplacements, loin devant les véhicules motorisés individuels (voiture, taxi ou moto) : moins de 5 % des déplacements. Cependant, ces derniers sont en forte augmentation : 8 % par an. Le bus est le mode de transport dominant à Bogota (Colombie), grâce aux lignes rapides disposant de voies dédiées, dont le Transmilenio dans l'artère principale de la ville. L'automobile ne représente que 10 % des déplacements. À Bangalore (Inde), un tiers des déplacements se fait en transport en commun et un quart à pied ou à bicyclette. Comme dans la plupart des pays asiatiques, les deux-roues ou tricycles motorisés sont en pleine expansion. En Chine, on ne se déplace pas de la même façon dans les très grandes villes de la côte est et le reste du pays. À Wuhan, capitale provinciale du Hebei, les trois quarts des déplacements se font à pied, à bicyclette ou en bus. À Pékin, en revanche, la ville la plus motorisée de Chine, la part des déplacements en voiture est passée de 26 % en 2000 à 35 % en 2008.

Les systèmes actuels de transports sont partout remis en cause par la raréfaction des ressources pétrolières et la lutte contre le changement climatique. C'est une exigence incontournable pour les pays de l'OCDE. C'est aussi une contrainte majeure pour les pays émergents qui doivent conjuguer un développement urbain rapide avec le maintien de systèmes de transport sobres en énergie.

à villes denses, transports légers

Les villes extensives, à faible densité de population, ne consomment pas seulement beaucoup de terres, elles consomment aussi beaucoup de transports pour les déplacements quotidiens de leurs habitants.

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Trois mondes de transports urbains

La richesse des citadins détermine le niveau d'équipement en véhicule individuel. Les villes des pays les moins développés sont celles dont les habitants disposent le moins de voitures ou de motos. Mais à niveau de revenus égal, la forme de la ville, plus ou moins compacte, crée le besoin de recourir (ou non) à des transports motorisés.

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Comment se déplace les urbains au Sud ?

L'offre de transports accessibles pour les urbains des pays en développement est un bon témoin du niveau global de développement du pays et des efforts faits par les autorités.
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