Santé globale | Innovations stratégiques et financières

Date: 2009
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Santé globale : innovations stratégiques et financières
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Sommaire de l'article
Financer la santé
Le financement mondial du paludisme
Des Partenariats Public-Privé pour développer de…
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L'amélioration de la santé demeure un défi pour les pays en développement. Pour y faire face, la coopération internationale entend financer l'accès des plus pauvres à la santé. Cette quête de financements et de stratégies innovants a conduit à la mise en place de nouvelles structures internationales : les partenariats public-privé. La déclaration de Paris en 2005 sur l'efficacité de l'aide fait de la multiplication des sources de financement innovant et durable un pilier de la stratégie internationale pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (2000). Aujourd'hui, les partenariats public-privé mondiaux concentrent par exemple environ 70 % des projets de recherche et développement (R''&D) sur les maladies négligées.

Le fonds mondial.

Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a été créé en 2002 pour, d'une part coordonner l'action des bailleurs et, d'autre part, trouver un moyen de financer à grande échelle la lutte contre ces trois maladies.

Les bailleurs publics, États-Unis, France, constituent de loin la première source de financement. Même si le volume de leurs apports tend à augmenter, les États continuent d'utiliser d'autres canaux d'aide et ne tiennent pas toujours leurs promesses d'aide. Du côté des bailleurs privés, les contributions sont très modestes. Hormis la contribution de la fondation Bill et Melinda Gates, les entreprises ainsi que les autres fondations n'investissent pas de manière significative dans le fonds.

Le Fonds mondial suscite beaucoup d'espoir mais il fait également l'objet de critiques, dues en grande partie à la faiblesse relative et à l'irrégularité des contributions faites sur la base du volontariat. Après le lancement du fonds, des associations de santé ont proposé de fixer une périodicité ainsi qu'un système de répartition équitable des contributions en fonction du poids économique des pays afin de rendre, à terme, le financement plus sûr et surtout prévisible.

Selon ses dirigeants, le fonds fournissait, en 2007, les deux tiers du financement international du paludisme et de la tuberculose et environ 20 % du financement global du sida. Il doit aujourd'hui trouver les moyens d'améliorer le taux de réussite de ses programmes qui connaissent des taux de suspension importants - de l'ordre d'un tiers par exemple concernant les programmes contre le paludisme. Le gel des subventions qui s'ensuit suscite l'incompréhension et parfois l'indignation des pays concernés qui remettent en question les critères d'évaluation.

La preuve par le paludisme. Dans la quête de nouveaux traitements contre le paludisme (molécule et vaccin), les initiatives globales se sont rapidement multipliées. Parmi elles, la Drug for Negleted Diseases Inititiative (DNDi), créée en 2003, a réussi le lancement de deux médicaments très innovants : l'ASAQ (artésunate et amodiaquine) en 2007 et l'ASQM (artésunate et méfloquine) en 2008. Mais, comme pour les autres questions de santé globale, les actions de lutte contre le paludisme nécessitent aujourd'hui de nouvelles sources de financement. Des initiatives telles que Unitaid, Debt 2 Health, Aid Guarantee Facility et l'International Finance Facility permettent d'alimenter les structures d'intervention existantes comme le Fonds mondial et in fine de financer les pays touchés. Grâce à ces nouveaux outils, les dirigeants du Fonds mondial - qui concentre actuellement 64 % des fonds internationaux destinés à la lutte contre le paludisme - espèrent améliorer et augmenter le volume de leur aide.

Unitaid agit comme une facilité internationale d'achat de médicament. Elle est en partie financée par un mécanisme de financement innovant, la taxe de solidarité sur les billets d'avion. Debt 2 Health, une initiative soutenue par le Fonds mondial et certains pays développés, constitue un autre mécanisme innovant de financement du développement, en permettant d'agir à la fois dans le domaine de la santé et en faveur de l'allègement du poids de la dette. Les initiatives telles que International Finance Facility et Aid Guarantee Facility s'attaquent quant à elles à un problème récurrent en matière d'aide au développement et dramatique en matière de santé : le manque de prévisibilité de l'aide. Le mécanisme for Affordable Medicines Facility-malaria, développé en 2007 par Roll Back Malaria et le Fonds mondial, veut co-financer l'achat de traitements de dernière génération contre le paludisme et garantir ainsi un accès véritable et rapide aux médicaments les plus innovants.

Tous ces mécanismes contribuent déjà à financer la lutte contre le paludisme, ou bien ont fait leur preuve dans d'autres domaines comme la vaccination, et ils sont susceptibles d'être appliqués plus directement aux programmes de lutte contre le paludisme. Même si leur mise en place est un signal positif envoyé aux acteurs de l'aide, ces nouveaux outils doivent bénéficier d'un appui politique fort afin d'avoir un impact réel et à grande échelle.

Les partenariats public-privé semblent constituer de véritables opportunités de faire avancer la cause d'une meilleure santé globale, occupant de nouveaux espaces politiques et expérimentant des solutions inédites. Par contre, depuis leur introduction dans le paysage sanitaire international, aucun bilan de leur impact n'a pu être établi. Or, pour éviter une explosion des initiatives parfois redondantes et infructueuses, une évaluation sereine de ces structures est nécessaire.

relancer l'innovation

Différents efforts de coordination de la recherche fondamentale existent. L'initiative de collaboration MIM (Multilateral Initiative on Malaria) soutient la recherche scientifique contre le paludisme à l'échelle mondiale et renforce les capacités de recherche en Afrique. De son côté, Roll Back Malaria (l'initiative Faire reculer le paludisme), mise en place dès 1998, regroupe des partenaires aussi divers que des États (donateurs et destinataires), plusieurs agences des Nations unies, des banques de développement, des instituts de recherche, des organisations non gouvernementales, des laboratoires pharmaceutiques et des fondations philanthropiques.

Le financement des partenariats public-privé deR&D peut se faire par une subvention de départ ou par un système de récompense de l'innovation, une fois celle-ci réalisée. Ce dernier système est de plus en plus utilisé notamment à travers l'Engagement international d'achat (Advanced Market Commitment) qui offre une garantie de marché.

 

Financer la santé

Mis en place en 2002, le Fonds mondial est un mécanisme de coordination financière destiné à fédérer les efforts de lutte des principaux donateurs publics et privés face à trois maladies - le sida, la tuberculose et le paludisme - responsables de plus de six millions de décès chaque année. Après plusieurs années de fonctionnement, cette approche innovante en matière de financement international de la santé constitue un outil important dont l'impact reste à améliorer.

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Le financement mondial du paludisme

Les principales sources de financement de la lutte contre le paludisme sont le Fonds mondial, la President's Malaria Initiative (PIM) lancée par les États-Unis, la Banque mondiale et la fondation Bill et Melinda Gates. Pour atteindre les objectifs internationaux dans les 82 pays les plus touchés, d'ici 2010 pour la déclaration d'Abuja, ou d'ici 2015 pour les objectifs du Millénaire pour le développement, 3,2 milliards de dollars par an sont requis. Or, en 2006, seul 1 milliard de dollars (hors fonds alloués à la R&D) a été dépensé pour lutter contre le paludisme.

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Des Partenariats Public-Privé pour développer de nouvelles molécules ?

Le paludisme fait partie des " maladies tropicales négligées " qui touchent un habitant de la planète sur six mais contre lesquelles sont développées moins de 1 % des 1 393 nouveaux médicaments homologués entre 1975 et 1999. L'accent doit donc être logiquement mis sur la nécessité de financer la recherche et développement (R&D) afin de trouver de nouvelles molécules permettant de lutter efficacement contre cette maladie qui tue un enfant toutes les trois secondes dans le monde. Depuis la fin des années 1990, plusieurs initiatives de collaboration entre les secteurs publics et privés ont émergé afin d'investir cet espace de la R&D laissé vacant par les laboratoires pharmaceutiques. La fondation Bill et Melinda Gates est devenue en 2005 le premier contributeur privé dans le monde avec 258,3 millions de dollars de financement.

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