ONG : l'autre mondialisation
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Sommaire de l'article
ONG | des acteurs de poids
L'histoire d'un moyen de pression
ONG ayant un statut consultatif auprès de l'ECOSOC
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La société civile a émergé d'abord dans quelques pays, puis dans l'ensemble des pays développés, avant de s'étendre à partir des années 1980 presque partout dans le monde. Elle a participé du mouvement global de mondialisation et d'échanges des marchandises, des biens, des capitaux mais aussi des idées et des informations.

Une présence mondialisée.

Si les tissus associatifs et civiques varient beaucoup selon les pays, la fin du xxe siècle a vu l'émergence de réseaux transnationaux, réunissant tous les acteurs non gouvernementaux, non marchands et non familiaux intéressés par les grandes questions globales : les droits de l'homme, l'environnement, la santé, la justice sociale ou le développement.

Les grandes ONG internationales - comme Oxfam, Greenpeace ou le WWF - figurent parmi les organisations les plus connues et les plus visibles de cette altermondialisation. Mais le mouvement est plus vaste encore. Alors que les Nations unies ne dénombraient qu'un millier d'organisations de citoyens transnationales en 1914, elles étaient treize fois plus nombreuses en 1981 pour atteindre près de 50 000 aujourd'hui. Le nombre de ces organisations reconnues comme observateurs par le Conseil économique et social des Nations unies (Ecosoc) a suivi une progression similaire.

Leur influence est souvent mesurée en fonction de leur impact sur les grandes institutions internationales comme l'OMC, le Fonds monétaire international ou la Banque mondiale. Mais si des événements comme la manifestation qui a rassemblé 50 000 personnes issues de 500 regroupements différents contre la conférence ministérielle de l'OMC à Seattle en 1999 ont marqué la mémoire collective, l'essentiel de l'influence des ONG est ailleurs.

Leur principal rôle depuis leur apparition sur la scène internationale a été de faire émerger de nouveaux sujets de débat, de poser de nouvelles questions, de rendre politiques et internationaux des problèmes jusqu'alors jugés inexistants ou relevant de la souveraineté des États. En ce sens, les ONG se sont révélées de véritables élaborateurs de questions globales, tirant leur légitimité notamment de leurs relations avec les communautés locales dans les pays en développement.

La force du réseau.

Ce qui fait la force d'organisations comme Oxfam, Greenpeace ou le WWF, c'est leur capacité à mobiliser l'opinion publique dans plusieurs pays autour des mêmes questions, à coordonner des campagnes, à produire une expertise indépendante, voire à mener des actions de terrain, pour obliger les politiques à se positionner à leur tour dans le débat. C'est l'engagement permanent de Greenpeace contre la chasse des baleines, d'Oxfam pour la réforme de la politique agricole commune, du WWF pour la création d'aires protégées et la protection des espèces menacées qui contribue au maintien de ces questions sur l'agenda international. Les campagnes menées pour l'accès aux traitements du sida depuis 1999 ont amené l'OMC à reconnaître des exceptions sanitaires aux brevets sur les médicaments, les pays développés à créer le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (lire repère 16) et les grands laboratoires à baisser le prix du traitement des malades dans les pays en développement. De la même manière la pression organisée par l'Alliance mondiale contre la pauvreté dans 72 pays a sans doute participé aux engagements pris au G8 de Gleneagles en 2005 en faveur de la diminution de la dette des pays en développement, de la lutte contre la pauvreté et du développement du continent africain. Née au Forum social mondial de 2005, la campagne mondiale Controlarms s'applique quant à elle à faire avancer la régulation mondiale concernant la limitation des armes légères et des mines antipersonnel à fragmentation. En 2008, les premiers pas vers un traité international sur les armes classiques ont été effectués.

Forts de cette capacité de mobilisation, les réseaux de la société civile mondiale surveillent la mise en œuvre des engagements pris par les gouvernements et les institutions internationales. Ils jouent aussi un rôle important de diffusion de l'information sur la situation dans les états autoritaires et soutiennent les mouvements de revendication des droits politiques et sociaux dans beaucoup de pays. On lie ainsi souvent l'émergence de la société civile mondiale en réseau avec la chute du mur de Berlin ou la démocratisation de l'Amérique latine dans les années 1980.

Reste la difficulté à réellement représenter les populations du Sud et leurs attentes : longtemps, les grands réseaux sont restés dominés par les organisations européennes ou nord-américaines qui les ont initiés et ont reflété leurs valeurs. Face au renouvellement des enjeux globaux, ces réseaux s'efforcent aujourd'hui de participer à l'émergence d'organisations partenaires dans les pays émergents et en développement, capables de médiatiser leurs propres inquiétudes, valeurs et propositions. L'organisation de forums sociaux mondiaux au Brésil, en Inde et en Afrique témoigne de cet effort.

 

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