Nations unies : 30 ans de développement durable

Nations unies : 30 ans de développement durable
Sommaire de l'article
30 ans de développement durable | 1970-1990
30 ans de développement durable | 1991-2000
30 ans de développement durable | 2001-2008

L'environnement est entré en 1972 sur l'agenda politique international. Depuis, l'intégration progressive de la préoccupation environnementale dans les approches économique ou sociale a entériné l'émergence du concept de développement durable, basé sur ces trois piliers. Les Nations unies témoignent de cette évolution à la fois profonde et inachevée : le développement durable a suscité l'essor d'une expertise nouvelle, associant environnement, social et économie, et orientée vers la prise de décision politique. Un système de financement spécifique se met peu à peu en place. Néanmoins, la discussion institutionnelle, entre exigences politiques et besoins de régulation, reste sans doute le chantier le moins avancé.

Financement

La question du financement de l'environnement et du développement durable n'a trouvé que tardivement une formulation sur l'agenda des Nations unies. Ce n'est qu'en 1991 que le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) a été créé. Il a lentement construit le champ de son action et son mode de fonctionnement. Cette place centrale est aujourd'hui disputée par la multiplication des fonds ad hoc et la place croissante de la Banque mondiale sur les thématiques environnementales et énergétiques (lire repère 3).

Expertise

L'inscription du  développement durable sur l'agenda politique international est inséparable de l'essor d'une expertise spécifique aux problèmes globaux et capable de produire des propositions politiques. Depuis le Rapport Brundtland, l'intégration de la problématique de la durabilité au sein du système onusien est allée de pair avec le développement d'une expertise visant à surmonter les oppositions politiques traditionnelles.

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) est ainsi devenu le modèle de référence d'une expertise internationale, comme l'a signalé le lancement d'un processus similaire en matière de biodiversité en 2007 (lire zoom p. 71).

Gouvernance

La place du développement durable au sein du système des Nations unies est indissociable de celle de l'environnement. Depuis la création du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) en 1972, l'objectif affiché a été la centralisation des actions en faveur de l'environnement au sein d'un seul organisme. Pourtant, le développement du droit international en matière d'environnement a conduit, tout au contraire, à la création d'une multitude d'instruments ad hoc tels les quelques 500 accords multilatéraux pour l'environnement. La discussion autour de la création d'une Organisation des Nations unies pour l'environnement (ONUE) a été au cœur de l'agenda international depuis la fin des années 1990.

30 ans de développement durable | 1970-1990

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GIEC | un consensus scientifique

Depuis 1998, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) est chargé de synthétiser les travaux réalisés dans le monde entier sur les changements climatiques de manière à exposer les consensus existants, les doutes persistants et les options politiques qui en découlent. Ses rapports reprennent les conclusions de trois groupes de travail : le premier sur les principes physiques et écologiques du changement climatique, le deuxième sur les impacts, la vulnérabilité et l'adaptation au changement climatique et le troisième sur les moyens d'atténuer le changement climatique. De plus, une équipe spéciale a produit des guides méthodologiques pour les inventaires d'émissions de carbone que les états doivent réaliser dans le cadre du protocole de Kyoto. 

30 ans de développement durable | 1991-2000

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FEM | un fonds pour l'environnement

Le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) aide les pays en développement en finançant les coûts additionnels de projets et programmes qui protègent l'environnement mondial -  biodiversité, changements climatiques, eaux internationales, ozone, dégradation des sols et polluants organiques persistants (POPs). Mécanisme financier de quatre conventions (biodiversité, POPs, désertification et climat), il s'appuie sur trois agences de mise en œuvre (Banque mondiale, Programme des Nations unies pour le développement - PNUD - et PNUE) auquelles s'ajoutent sept agences d'exécution depuis 1999. Avec un budget de 6,2 milliards de dollars depuis 1994 et 1 800 projets et activités financés, le FEM est aussi reconnu pour la participation égalitaire de ses 178 pays membres. Il est néanmoins concurrencé par les fonds privés et les fonds thématiques dont les coûts de transaction sont plus faibles, les délais d'instruction plus courts et la complexité moins grande. 

CDD | Un organe de suivi des progrès

Créée pour superviser la mise en œuvre du programme d'action Agenda 21 et l'intégration des trois piliers du développement durable au sein du système onusien, la Commission du développement durable (CDD) est un outil de dialogue entre les gouvernements, les grands groupes et les organisations intergouvernementales (OIG). Elle reçoit les rapports soumis périodiquement par les gouvernements et l'information en provenance d'autres OIG, d'ONG ou du secteur privé. Elle évalue les progrès réalisés en matière de transferts technologiques et de soutien financier. Très critiquée, la CDD a réformé son mode de fonctionnement en 2004 : elle organise ses travaux en cycles thématiques de deux ans, dont la première année est consacrée à l'examen des progrès accomplis et des obstacles rencontrés, et la deuxième à l'élaboration de programmes et de politiques en vue de renforcer sa mise en œuvre. 

30 ans de développement durable | 2001-2008

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GGE | la recherche de transversalité

Le Groupe de gestion de l'environnement (GGE) réunit l'ensemble des organismes, des fonds et des programmes de l'ONU, ainsi que les conventions multilatérales sur l'environnement. Sa présidence est assurée par le directeur exécutif du PNUE. Le GGE doit aider à une résolution participative des problèmes entre ces acteurs. Au titre de ses réalisations, on cite la rationalisation de la présentation de rapports entre les conventions relatives à la diversité biologique ou la coopération à l'échelle de l'ONU en matière de produits chimiques. Le GGE dirige aussi un inventaire des compétences des différentes unités au sein des Nations unies dans le domaine de l'environnement.

OMD | huit objectifs pour 2015

Définis en 2000 par l'Assemblée générale des Nations unies, les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) veulent orienter l'action internationale jusqu'en 2015 dans huit domaines : éliminer l'extrême pauvreté et la faim, assurer une éducation primaire pour tous, promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomie des femmes, réduire la mortalité des enfants de moins de cinq ans, améliorer la santé maternelle, combattre le sida et le paludisme, assurer un environnement durable et mettre en place un partenariat mondial pour le développement. Les indicateurs chiffrés de progression vers ces objectifs montrent que malgré des progrès certains en matière de santé et de scolarisation, l'ensemble des OMD ne seront pas atteints en 2015.

IPBES | les experts et le politique

Lancée en 2005, lors de la Conférence internationale sur la biodiversité de Paris, l'idée d'un groupe international d'expertise scientifique sur la biodiversité équivalent au GIEC est en train de préciser sa forme institutionnelle. Elle prend d'abord le nom d'Imoseb, puis est baptisée IpBes en décembre 2007 à Bonn. La plateforme devra produire une expertise facilement mobilisable pour les acteurs politiques dans la gestion de la biodiversité. Sa forme finale devrait être précisée en novembre 2008 en Malaisie (lire zoom, p. 71).