Montée des eaux, le risque urbain

Date: 2010
Régions:
Montée des eaux, le risque urbain
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Sommaire de l'article
Le risque mondial d'inondation côtière
Les mécanismes du risque
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Les villes côtières seront particulièrement exposées aux impacts du changement climatique dans les prochaines décennies. Elles figureront en première ligne face à l'augmentation des risques liés à l'élévation du niveau de la mer, aux cyclones et autres tempêtes. Le risque sera d'autant plus important qu'elles concentrent une très grande proportion de la population, des infrastructures et des investissements mondiaux et que cette concentration va croissante. À l'heure actuelle, on estime en effet que 23 % de la population mondiale vit à moins de cent kilomètres des côtes et à une altitude inférieure à cent mètres. Et, dans un monde où la population urbaine a dépassé la population rurale (lire repères 13 et 14), 13 des 20 plus grandes villes de la planète sont des ports.

Les inondations, qui voient des masses d'eaux poussées par des vents forts submerger le littoral lors des tempêtes, représentent un risque majeur pour les zones côtières en général et les ports en particulier. Le cas de l'ouragan Katrina en 2005 a été révélateur des catastrophes qu'elles peuvent entraîner. L'impact du changement climatique sur ce risque est double. Sous l'effet combiné de l'expansion thermique des océans et de la fonte de glaces - elles-mêmes conséquences du réchauffement -, le niveau global des océans s'élèvera. Par ailleurs, les climatologues s'attendent à une augmentation de la fréquence et de l'intensité des événements extrêmes (tempêtes, cyclones...). Si le niveau de la mer est plus élevé, une même tempête cause des dégâts plus importants. En augmentant l'occurrence et la fréquence des tempêtes, le changement climatique accroît encore le risque d'inondations.

Risques multiples. Une étude récente de l'OCDE liste les 20 villes les plus exposées à ces événements aujourd'hui et dans 60 ans (en 2070), à la fois en termes de population et de capitaux. Elle souligne que le changement climatique n'est pas le seul facteur de changement. Les côtes sont aussi fragilisées par l'urbanisation, la croissance démographique et la subsidence - ou affaissement de la croûte terrestre sous l'effet de contraintes naturelles (géologiques) ou humaines (pompage de nappes, extraction gazière ou pétrolière, creusement de tunnels...). Cette étude met également en évidence le fait qu'une population importante est déjà exposée aux inondations côtières dans les grandes villes portuaires, ce qui montre la nécessité de réfléchir à la question sans attendre le changement climatique. L'étude pointe par ailleurs une redistribution des risques vers les pays en développement : si à l'heure actuelle les villes exposées se répartissent également entre pays du Nord et du Sud, à l'avenir 17 des 20 villes les plus exposées seront dans des pays actuellement en développement, et en particulier en Asie du Sud-Est.

Mais le principal résultat de l'étude est de montrer que l'augmentation du risque urbain résulte d'abord du développement des villes lui-même. L'étalement urbain combiné à la croissance démographique et économique élève quasi mécaniquement l'exposition des villes au risque, en même temps que le nombre de personnes ainsi que la quantité et la valeur des biens menacés. Le changement climatique apparaît ainsi comme un facteur aggravant au même titre que la subsidence.

Faut-il donc se contenter uniquement d'une adaptation aux impacts du changement climatique, ou faut-il penser les stratégies d'adaptation au risque d'inondation côtière dans un contexte plus large, autrement dit qui prenne aussi en compte les évolutions démographiques, sociales et économiques ? Si la réponse paraît évidente, la pratique démontre la complexité de l'intégration de contraintes variées, expliquant que la question soit régulièrement laissée de côté. Pourtant tout l'enjeu du développement urbain est désormais là : intégrer des considérations climatiques dans un contexte de changement global qui tient compte des évolutions sociales et économiques souvent plus importantes que celles liées au climat.

 

Le risque mondial d'inondation côtière

Les villes côtières comptent aujourd'hui parmi les zones les plus exposées aux risques naturels. Dans les soixante prochaines années, c'est en Asie du Sud et de l'Est, où la population urbaine augmente le plus, que ce risque devrait croître le plus. L'augmentation de l'exposition au risque d'inondation résultera principalement du développement démographique et économique des villes, les changements climatiques attendus ne venant que renforcer la tendance..

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Les mécanismes du risque

Le changement climatique impacte doublement les villes côtières : sous l’effet combiné de l’expansion thermique des océans et de la fonte de glaces –elles-mêmes conséquences du réchauffement –, le niveau global des océans s’élève et on doit s'attendre à une augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements extrêmes (tempêtes, cyclones…) accroissant les risques d'inondation.
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