Les réseaux urbains du développement durable

Date: 2010
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Les réseaux urbains du développement durable"
Sommaire de l'article
Networking, lobbying, campaigning : les outils…

La mise en relation transnationale d'espaces urbains n'est pas une invention du xxe siècle. Cependant, la construction des États modernes, reposant sur le monopole de l'usage de la violence et du prélèvement de l'impôt, a occulté pendant plusieurs siècles le rôle international des villes. Il a fallu attendre la fin de la seconde guerre mondiale et l'émergence d'une diplomatie citoyenne pour les voir s'organiser entre elles sur la scène internationale. Le mouvement s'amplifie depuis une trentaine d'années, avec le recul du rôle de l'État et les décentralisations menées dans la plupart des pays.

Les villes sont reconnues comme les acteurs importants d'une croissance économique marquée par la connexion, la mobilité et la nature, en apparence déterritorialisée, des échanges. Elles sont dès lors en concurrence pour attirer capitaux et investissements étrangers. La ville est aussi le premier acteur social public de proximité auprès des populations les plus démunies ou les plus fragiles, et des réseaux internationaux se sont structurés autour de ces questions. Productrice de dérèglements environnementaux, la ville en est aussi la première victime et se retrouve de ce fait en première ligne pour expérimenter des solutions innovantes : gestion de l'eau et des déchets, transports ou construction de bâtiments éco-performants, etc. Là encore, la coopération entre villes a généré de multiples réseaux : thématiques, mondiaux, régionaux et nationaux.

Sans chercher l'exhaustivité, il est possible de dégager les principales logiques des réseaux qui ont acquis une reconnaissance officielle dans les systèmes politiques à leur échelle de diffusion (Cités et gouvernements locaux unis pour les Nations unies ; Eurocités pour l'Union européenne ; Cités unies France pour la France), ainsi que des réseaux consacrés à la gestion des problématiques du développement durable (Énergie-Cités ; Climate Alliance ; C40 ; Villes-Santé ; Iclei et Comité 21). Tous prétendent représenter et défendre les intérêts des gouvernements locaux sur la scène supranationale et s'organisent autour de trois principes clés : networking (partager les savoir-faire entre les membres) ; lobbying (influencer les politiques gouvernementales ou les négociations intergouvernementales) ; campaigning (sensibiliser les pouvoirs locaux et les citoyens aux thématiques urbaines).

 

Networking, lobbying, campaigning : les outils des réseaux de villes

Source : D'après Nicolas Maisetti (Centre de recherches politiques de la Sorbone)
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