Forêts tropicales : Et si le carbone finançait leur protection ?

Date: 2009
Auteurs:
Forêts tropicales : Et si le carbone finançaitleur protection ?
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Sommaire de l'article
Protection des forêts | au prix où est le CO2
Déforestation | 18 % des émissions de CO2
Forêts et CO2 | Des relations saisonnières
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Uun cinquième des émissions mondiales de carbone provient de la déforestation tropicale. On peut alors espérer que les forêts tropicales seront formellement incluses dans la convention Climat, via le mécanisme REDD (Réductions des émissions issues de la déforestation et de la dégradation).

Les négociations autour de ce mécanisme ont été officiellement lancées lors de la 13e Conférence des parties à Bali en décembre 2007. Le principe est de financer les activités de lutte contre la déforestation (et les émissions associées) dans les pays en développement pour lutter contre le changement climatique. Avec 13 millions d'hectares déboisés chaque année, des émissions carbonées pouvant atteindre quelques centaines de tonnes de CO2 à l'hectare, et des coûts d'action présumés relativement faibles (5 à 10 dollars par tonne de CO2), le secteur forestier offre de grandes possibilités d'action. L'idée du mécanisme REDD est de valoriser les stocks de carbone forestiers pour compenser les coûts engendrés par la conservation des forêts, en particulier lorsque celle-ci se fait au détriment d'usages agricoles : palmiers à huile, soja, bétail, café, etc. Trois paramètres principaux déterminent le niveau et donc la faisabilité de cette compensation : la quantité d'émissions évitées, la valorisation de la tonne de carbone stockée et les revenus économiques procurés par les usages des terres. Si les compensations semblent appropriées pour limiter certains usages extensifs dans des zones peu développées, il est néanmoins vraisemblable qu'elles ne seront jamais en mesure de rivaliser avec des usages industriels intensifs.

Il est maintenant question d'étendre le mécanisme REDD aux activités provoquant une " dégradation forestière ", comme la production industrielle de bois. De fait, l'exploitation forestière est responsable d'une quantité considérable d'émissions. Il est cependant difficile de définir de manière univoque la dégradation, qui constitue un phénomène multiforme dont les conséquences sont différentes selon l'objectif visé : lutte contre la déforestation ou conservation. Ainsi, les concessions forestières dans les pays du bassin du Congo, même aménagées durablement, ont tendance à émettre plus de carbone qu'elles n'en absorbent. Pourtant, ces mêmes concessions émettent nettement moins que les mêmes étendues déforestées. D'autre part, certaines activités, comme la conversion des forêts naturelles en plantations d'arbres à croissance rapide ou l'agriculture itinérante sur brûlis par les habitants des forêts, n'entraînent qu'une perte momentanée du couvert forestier. Les qualifier comme " dégradation forestière " pourrait alors permettre de comptabiliser les flux de carbone dans la durée, en tenant compte de leurs caractères cycliques. Limiter les dégradations forestières à leurs seules émissions réduirait de beaucoup l'appréhension du phénomène et les outils de régulation qui pourraient être mis en place.

Négociations. Ces deux questions - les moyens de valoriser le carbone séquestré par les forêts pour compenser les revenus agricoles et la définition de la dégradation forestière - sont inscrites à l'agenda des négociations préparatoires à la Conférence des parties au protocole de Kyoto à Copenhague en décembre 2009. Les décisions qui seront prises alors - sur les définitions de la dégradation et de la déforestation, les systèmes de comptabilité des flux de carbone, les moyens de valoriser le carbone forestier, etc. - détermineront dans quelle mesure la lutte globale contre le changement climatique modifiera l'avenir des forêts tropicales.

 

Protection des forêts | au prix où est le CO2

La valorisation du stockage du carbone permettrait d'inciter à conserver les forêts intactes de certaines activités. Sa rémunération devra néanmoins être très élevée pour peser sur les activités très rémunératrices comme les plantations agroforestières.

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Déforestation | 18 % des émissions de CO2

On estime à près de 20 % les émissions de CO2 provoquées par la déforestation. Pour certains experts, ce chiffre est très en-deçà de la réalité.

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Forêts et CO2 | Des relations saisonnières

Le bilan carbone des activités forestières n'est pas simple à établir. Si les forêts en croissance sont avant tout des puits de carbone et les coupes des sources d'émission, c'est sur le long terme que l'on peut évaluer l'impact sur le climat des modes de gestion des forêts.

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