Énergies | Accessibles, diverses, propres et saines ?

Date: 2010
Régions:
Énergies | Accessibles, diverses, propres et saines ?
Sommaire de l'article
Difficile diversification énergétique
Les énergies des ruraux
Engagement international

Repère 8

L'énergie est au cœur des enjeux de développement. L'accès à l'énergie permet en effet d'améliorer la productivité des activités agricoles, l'accès à l'eau, aux soins, ou encore à l'éducation. Cependant, la disponibilité des services énergétiques dans les pays en développement reste parfois très réduite ou limitée à des sources d'énergie dommageables pour la santé ou l'environnement. Les types de combustibles utilisés pour la cuisine et le chauffage diffèrent en effet largement selon les zones géographiques : le recours au gaz est très limité en Afrique, où le bois et le charbon de bois dominent sauf dans certains pays du Maghreb. Ce qui n'est pas le cas en Amérique du Sud où le gaz est le combustible le plus répandu.

Dans ces pays, et en particulier dans les zones rurales, les combustibles utilisés pour le chauffage et la cuisine sont des combustibles dits traditionnels (solides, comme le charbon de bois, les excréments ou encore le bois) par opposition aux combustibles dits modernes (liquide ou gazeux comme le pétrole ou encore le gaz naturel). En 2007, 40 % seulement de la population des pays en développement avaient accès aux formes d'énergies modernes. La situation est plus préoccupante encore en Afrique sub-saharienne où cette part atteignait seulement 17 %. Les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) adoptés en 2000 visent à accroître cette part respectivement à 70 % et 58 % à l'horizon 2015.

En faveur du " moderne ". L'enjeu est de taille : d'après l'AIE, ceci signifierait que plus d'un milliard de personnes changent de type de combustible pour leurs usages courants. L'utilisation des combustibles traditionnels peut avoir un impact dramatique sur l'environnement et la santé : la pollution intérieure liée à de mauvaises combustions cause, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la mort de 1,3 million de personnes chaque année, plus que le paludisme. Le développement de formes modernes d'énergie répondrait également à des enjeux de durabilité et de sécurité énergétique pour ces pays.

De nombreux foyers n'ont pas accès à une source d'énergie sûre et dépensent une large part de leur budget ou de leur temps à se procurer un service énergétique. On constate en général un réel contraste entre les pays les moins avancés et les pays émergents. Ainsi, l'usage de combustibles modernes est très bien développé dans les zones rurales en Corée du Sud, en Algérie (environ 100 % de gaz dans ces deux pays) ou encore en Afrique du Sud (60 % d'électricité, 20 % de kérosène). Le gaz est prépondérant en Thaïlande (environ 50 %) et en Argentine (plus de 60 %). En revanche, les zones rurales de la Chine ont très peu accès à ces nouvelles formes d'énergie (moins de 20 % contre 60 % de bois et 20 % de charbon) ce qui souligne, encore une fois, le clivage existant entre zone urbaine et rurale. Une grande partie de l'Afrique subsaharienne (Mozambique ou encore Ouganda) recourt exclusivement au bois, une situation partagée par l'Inde et l'Afghanistan. De façon générale, l'électricité est peu développée en zone rurale (lire repère 7).

Les moyens techniques disponibles sont pourtant relativement variés et accessibles : il peut s'agir de remplacer les lampes à huile ou à kérosène par de l'électricité produite à partir de sources renouvelables décentralisées (solaire, micro-hydraulique), les étuves à bois ou au charbon par des systèmes de cuisson améliorés recourant au kérosène ou au gaz, ou encore de permettre l'électrification du pompage de l'eau. Cependant, dans de nombreux pays moins avancés, les plans stratégiques de réduction de la pauvreté incluent rarement des objectifs d'amélioration de l'accès à l'énergie. La coopération internationale devrait donc s'attacher à développer les capacités institutionnelles de mise en œuvre de stratégies nationales d'accès à l'énergie, mobiliser les investissements dans les énergies modernes et durables mais aussi transmettre les connaissances techniques et les savoir-faire.

Difficile diversification énergétique

L'enjeu de la diversification des énergies domestiques est multiple : améliorer les rendements énergétiques, et donc réduire les coûts pour les utilisateurs, réduire les pollutions domestiques néfastes pour la santé et, enfin, protéger l'environnement local d'une possible surexploitation.
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Les énergies des ruraux

L'enjeu de la diversification des énergies domestiques est multiple : améliorer les rendements énergétiques, et donc réduire les coûts pour les utilisateurs, réduire les pollutions domestiques néfastes pour la santé et, enfin, protéger l'environnement local d'une possible surexploitation.
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Engagement international

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