Électricité | L'énergie du développement

Date: 2010
Électricité | L'énergie du développement
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Sommaire de l'article
Ceux qui vivent sans électricité
Des campagnes dans le noir
Engagement international
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Repère 7

L'énergie, et en particulier l'électricité, est une ressource capitale pour le développement économique et humain. La disponibilité en électricité sous-tend la fourniture de services essentiels comme l'éducation, en apportant la lumière dans les écoles et les foyers, la sécurité sanitaire des aliments par la réfrigération, l'accès aux technologies de communication ou encore l'amélioration de la productivité des activités agricoles et économiques. Pourtant, le Programme ds Nations unies pour le développement (PNUD) estimait en 2005, qu'1,6 milliard de personnes n'avaient encore aucun accès à une source d'électricité - l'essentiel de cette population vivant dans les pays les moins avancés. L'Afrique est particulièrement concernée : dans une vingtaine de pays, plus de 75 % des habitants ne disposent pas d'accès à l'électricité, une situation difficile partagée par la Birmanie, l'Afghanistan, la Corée du Nord, la Papouasie Nouvelle-Guinée ou le Cambodge.

Dans les pays en développement, la situation reste très contrastée entre zones urbaines et rurales. Si l'accès à l'électricité peut faillir en zone urbaine (instabilité du réseau, problèmes liés à la tarification, etc.), elle reste la zone la mieux desservie. Les écarts sont plus réduits dans les pays ayant un taux moyen d'accès de la population à l'électricité supérieur à 75 %. Dans certains pays d'Afrique, moins de 40 % des urbains disposent de l'électricité : Liberia (7 %), République centrafricaine (14 %) ou Rwanda (25 %). Néanmoins, cet accès limité reste partout supérieur à celui des zones rurales. Certains écarts sont particulièrement importants : en Afghanistan, seuls 13 % des ruraux sont connectés au réseau électrique contre 74 % en ville. Au Sénégal, 24 % des ruraux ont accès à l'électricité contre presque 85 % des urbains. Au Pérou, on trouve des proportions identiques : 38 % d'habitants des campagnes connectés contre 88 % en ville. Au Burundi, en République centrafricaine, en Éthiopie et au Liberia, on peut dire que seuls les citadins connaissent l'électricité.

La coopération internationale a cherché à remédier à cet état de fait, en particulier avec l'adoption des huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) par les Nations unies en 2000. Les OMD sont assortis de cibles à atteindre dans des délais bien définis, afin de suivre les progrès accomplis concernant la lutte contre la pauvreté, la faim, la maladie ou l'exclusion, tout en promouvant l'égalité des sexes, la santé, l'éducation et le respect de l'environnement. Bien que les OMD ne contiennent aucun objectif explicite en matière de développement de l'électricité, la communauté internationale reconnaît le rôle crucial que peut jouer l'accès à l'énergie dans leur accomplissement. En particulier l'accès aux combustibles dits " modernes " pour la cuisine et le chauffage (combustibles liquides ou gazeux par opposition aux combustibles solides comme les excréments, le charbon de bois ou le charbon) est considéré comme un facteur améliorant en raison de meilleurs rendements énergétiques et d'impacts sanitaires réduits (lire repère 8). Le développement de l'électricité reste cependant actuellement en deçà des besoins, en particulier en Afrique subsaharienne et, sans l'adoption de nouvelles stratégies de développement de l'accès à l'énergie, l'Agence internationale pour l'énergie (AIE) estime que la situation restera inchangée à l'horizon 2015.

L'enjeu de la coopération. Le développement à la fois soutenable, équitable et économiquement viable, de services énergétiques modernes et, en particulier, de systèmes électriques n'est cependant pas chose facile dans les pays les plus pauvres. Les investissements nécessaires sont colossaux : 200 milliards de dollars, selon l'AIE. La production d'électricité décentralisée (moteurs diesel, micro-centrale hydro-électrique, énergie solaire, biomasse...) peut ainsi s'avérer parfois plus judicieuse que l'extension du réseau, souvent très coûteux. Dans les pays les moins avancés, la coopération dépasse néanmoins le transfert de technologie. Donner accès à l'électricité aux populations les plus pauvres demande également le renforcement des capacités institutionnelles, financières et techniques. Il s'agit de replacer l'accès à l'énergie au cœur des stratégies nationales de développement, de mobiliser l'investissement et de promouvoir localement les services énergétiques.

Ceux qui vivent sans électricité

1,6 milliard de personnes vivent aujourd'hui sans accès à une quelconque source électrique. En Afrique sub-saharienne, cette situation est communes aux zones urbaines et rurales et pèse sur les activités économiques et le développement humain.

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Des campagnes dans le noir

Même si les situations restent très inégales, les villes sont toujours mieux desservies en électricité que les campagnes. Plus le niveau moyen de développement d'un pays augmente et moins l'écart est important, montrant que l'accès à l'électricité est un bon indicateur des conditions de vie générales d'une population.
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Engagement international

En 2000, la communauté internationale s'est engagée à réduire significativement la pauvreté d'ici 2012, ce qui demanderait d'augmenter de 12 % le nombre de personnes ayant accès à l'électricité dans les pays en développement. Les efforts à fournir sont particulièrement importants en Afrique, où il faudrait plus que doubler le nombre des personnes raccordées.
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