Du braconnage artisanal à la criminalité organisée : un cri d'alarme négligé

Du braconnage artisanal à la criminalité organisée : un cri d'alarme négligé
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Sommaire de l'article
L'ivoire, un commerce illégal en pleine mutation
La Chine et l'ivoire
Le commerce illégal des espèces menacées : une…
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En Chine, le prix d'une tonne d'ivoire brut est passé en trois ans d'environ 500 à 2 000 euros. Un bracelet en ivoire pesant 150 grammes s'y vend aujourd'hui entre 400 et 1 150 euros. Le prix de la corne de rhinocéros a quant à lui atteint 50 000 euros le kilo, soit plus que celui de l'or ou du platine. Elle a aujourd'hui plus de valeur sur le marché noir que les diamants ou la cocaïne. Derrière ces chiffres se cache un enjeu négligé. Ces trois dernières années, le trafic illégal d'espèces sauvages Le " trafic illégal d'espèces sauvages " désigne tout crime environnemental qui implique le commerce, la contrebande, la capture, la collecte ou le braconnage illégaux d'espèces menacées, d'espèces sauvages protégées (dont les espèces animales et végétales soumises à des quotas de récolte ou de capture et réglementées par des permis) et de dérivés ou de produits de ces espèces. Voir South N. et Wyatt T., 2011, "Comparing Illicit Trades in Wildlife and Drugs: An Exploratory Study", Deviant Behavior, 32(6): 538-561. a en effet atteint des proportions inégalées dont le chiffre d'affaires est estimé à environ 20 milliards de dollars ce qui le place en quatrième position après le trafic illégal de stupéfiants, d'êtres humains et de produits contrefaits et devant celui du pétrole, des œuvres d'art, de l'or, des organes humains, des armes de poing et des diamants. Quelles en sont les conséquences ? Comment en est-on arrivé là ? Et peut-on encore y remédier ? Nous nous intéressons ici à ces questions en nous appuyant plus particulièrement sur le cas illustratif de l'ivoire et des éléphants d'Afrique.

Des conséquences environnementales désastreuses

Le commerce d'ivoire est loin d'être un sujet nouveau. Les années 1980 ont été à ce propos particulièrement marquantes. Les estimations disponibles soulignent qu'à cette époque, 100 000 éléphants étaient tués chaque année, ce qui a conduit à la disparition de 80 % des troupeaux dans certaines régions d'Afrique. Le commerce d'ivoire a ainsi largement participé à la réduction drastique des populations d'éléphants : évalués en 1970 à près de 1,5 million d'individus, ils étaient un peu moins de 500 000 en 2006 dont seulement 15 000 éléphants de forêt.

Depuis 2006, les données recueillies dans le cadre du programme MIKE Monitoring the Illegal Killing of Elephant. de suivi de l'abattage illégal d'éléphants mis en place en 2002 par la CITES Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Convention on International Trade in Endangered Species of Wild Fauna and Flora). montrent une augmentation constante du braconnage ; l'année 2011 ayant connu le niveau le plus élevé avec plus de 25 000 éléphants tués illégalement. Le niveau de braconnage a augmenté dans toutes les sous-régions africaines, l'Afrique centrale continuant d'afficher le taux d'abattage illégal le plus élevé de toutes les sous-régions d'Afrique et d'Asie. Entre 2002 et 2011, la population d'éléphants de forêt a diminué de 62 % Maisels F., Strindberg S. Blake S. Wittemyer G. Hart J. et al., 2013, "Devastating Decline of Forest Elephants in Central Africa", PLoS ONE, 8(3). . Concernant le rhinocéros, ce sont plus de 2 000 animaux qui auraient été braconnés entre 2006 et 2011. Il n'en reste plus qu'environ 25 000 : 21 000 rhinocéros blancs en Afrique du Sud et 4 000 rhinocéros noirs en Afrique orientale, principalement au Kenya.

L'impact le plus évident du commerce illégal d'espèces menacées est la très probable extinction de ces dernières. C'est par exemple le cas du tigre, du rhinocéros mais également de diverses autres espèces animales et végétales. En ce qui concerne l'éléphant, l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) estime que sans changement, l'éléphant aura disparu en 2025. Morales, éthiques, économiques ou encore sociales, les conséquences directes de ces disparitions sont en soi lourdes et désastreuses pour la société. Par ailleurs, comme pour tout type de commerce illégal, celui d'espèces menacées s'accompagne également de conséquences plus indirectes tout autant inacceptables.

Des impacts socioéconomiques inacceptables

Face aux chiffres montrant une population d'éléphants en constante diminution, l'analyse plus précise du trafic associé indique qu'il ne s'agit plus uniquement d'un braconnage local, isolé, résultant de conflits dits " hommes/faune sauvage ". En février 2012, le massacre fortement médiatisé de 450 éléphants dans le parc national camerounais de Bouba N'Djida, perpétré par des groupes de braconniers à cheval, armés de mitrailleuses de l'armée, a ainsi fait l'effet d'un électrochoc pour la communauté internationale. Les saisies réalisées et rapportées montrent par ailleurs une augmentation très nette du volume d'ivoire saisi par prise. En 2011, selon le World Wildlife Fund (WWF), dix-sept saisies ont concerné des volumes d'ivoire illégal supérieur à 800 kg, pour un total de 23 tonnes ce qui équivaut à 2 500 éléphants. Un constat qui tend à démontrer l'implication croissante de réseaux criminels très organisés. L'ivoire braconné serait échangé contre de l'argent, des armes et des munitions pour soutenir les conflits dans les pays voisins. Certains font même le lien entre le braconnage d'ivoire et le terrorisme international mais aucun rapport officiel n'est publié à ce propos à l'heure actuelle. En tout, en 2011, environ 800 saisies ont permis de récupérer 39 tonnes d'ivoire (soit environ 4 000 éléphants) contre 10 tonnes en 1997 (repère 1).

Comme souligné lors de la 16e session de la Conférence des Parties (COP) à la CITES en mars 2013, les impacts du commerce illégal d'ivoire dépassent le risque d'extinction des éléphants. La criminalité croissante liée au trafic des espèces sauvages est devenue une sérieuse menace pour la sécurité, la stabilité politique et, par conséquent, le développement économique de nombreux pays.

Au-delà des éléphants et des nombreuses espèces fauniques et floristiques visées par le commerce illégal d'espèces sauvages, ce sont des hommes qui meurent et d'autres dont l'amélioration des conditions de vie est sérieusement compromise.

Au banc desdits " accusés " : la demande asiatique couplée à divers facteurs sociopolitiques aggravants

L'augmentation de la demande asiatique pour les produits illégaux d'espèces sauvages, la hausse du pouvoir d'achat des Chinois et l'accroissement de la présence chinoise en Afrique sont régulièrement mentionnées pour expliquer l'intensification du braconnage criminel en Afrique (repère 2). Cette demande répond aux attentes de consommateurs variés, depuis ceux qui croient aux mythes persistants des vertus médicinales de certains dérivés de produits braconnés, jusqu'aux touristes négligents, heureux de posséder une espèce exotique, sans oublier les modes artistiques et culinaires diverses des pays concernés. L'ivoire est également devenu un nouveau véhicule d'investissement en Chine où cet " or blanc " semble de plus en plus convoité. À cela s'ajoute le manque d'éducation environnementale de ces consommateurs. D'après un sondage mené par l'ONG International Fund for Animal Welfare (IFAW), 70 % des Chinois pensent ainsi que les défenses d'éléphant tombent puis repoussent à la manière des dents de lait et que les acheteurs ne font donc que les ramasser.

Autre facteur à prendre en compte : les peines encourues par les trafiquants restent faibles. Le WWF cite en exemple le fait que les braconniers condamnés en vertu de la loi en vigueur dans la province du Nord-Ouest en Afrique du Sud encourent une amende de 14 000 dollars, tandis que le trafic de cinq grammes ou moins de cocaïne est passible de cinq ans de prison. La situation est identique dans les pays demandeurs : les personnes arrêtées en possession de stupéfiants sont bien plus sévèrement sanctionnées que celles détenant des produits illégaux dérivés d'espèces sauvages.

Divers facteurs socioéconomiques viennent également aggraver ces incitations au commerce illégal. C'est le cas du niveau de corruption élevé constaté à tous les échelons dans les pays concernés qui facilite la circulation des produits illégaux et des armes. Les arrestations récentes de hauts fonctionnaires au Gabon, en République démocratique du Congo (RDC) et au Tchad mettent en lumière l'implication d'agents importants du gouvernement dans le commerce illégal d'ivoire.

Citons ensuite l'instabilité politique, l'insécurité et la porosité des frontières des pays qui facilitent l'incursion transfrontalière des groupes de braconniers organisés. Les braconniers et les trafiquants ont à ce propos tout intérêt à perpétuer un état de non-droit et d'insécurité pour pouvoir continuer leurs activités illégales.

Il ne faut pas sous-estimer le rôle des conflits homme/faune sauvage ainsi que l'extrême pauvreté des populations riveraine des aires de refuge d'éléphants ainsi que leur dépendance à la viande de brousse. Alors que le monde occidental accorde une certaine affection pour les éléphants, la population locale, souvent délaissée et isolée vit parfois très difficilement cette proximité avec les éléphants. Ces derniers détruisent les champs et peuvent aussi attaquer les êtres humains. Ces conflits renforcent la résistance des populations locales envers tout type de projet de conservation d'éléphants.

Les raisons mentionnées ci-avant font relativement consensus bien que peu d'informations précises soient encore disponibles à leur propos. Un facteur est en revanche beaucoup plus débattu. Il concerne la réglementation du commerce d'ivoire et la relation existante entre le trafic légal d'ivoire et le trafic illégal. La CITES, adoptée en 1973 et regroupant 177 États membres, réglemente le commerce international de près de 35 000 espèces de plantes et d'animaux, y compris de produits issus de leur transformation. À la suite de la vague d'abattage qui s'est produite au cours des années 1980, l'éléphant d'Afrique fut interdit à toute forme de commerce à but lucratif en 1989 (inscription en annexe 1 de la CITES Les annexes 1, 2 et 3 de la CITES sont des listes où figurent des espèces bénéficiant de différents degrés ou types de protection face à la surexploitation. ). Néanmoins, le Zimbabwe, la Namibie, le Botswana puis l'Afrique du Sud, qui comptaient des populations d'éléphants relativement nombreuses et croissantes, ont demandé quelques années plus tard une autorisation spéciale de commercialisation ; ces pays estimant que l'ivoire permet de stimuler leurs économies et que par ailleurs, les gros troupeaux d'éléphants sont nuisibles à leurs écosystèmes. Cette autorisation leur a été accordée par la CITES en 1997, puis en 2000 pour l'Afrique du Sud. Les populations d'éléphants de ces pays sont alors passées en annexe 2 de la CITES, permettant ainsi leur commercialisation sous strictes conditions. La CITES a estimé qu'un abattage sélectif d'éléphants permettrait d'engorger le marché, d'affaiblir ainsi le commerce illégal et donc de freiner le massacre d'éléphants. Le Japon et la Chine ont été sélectionnés comme pays importateurs d'ivoire en provenance de ces pays. Divers outils ont été développés pour suivre cette activité légale et ainsi veiller à ce que le commerce autorisé n'attise pas le braconnage et le commerce illégal. Les stocks autorisés à être commercialisés proviennent exclusivement d'éléphants morts naturellement et les fonds recueillis doivent en partie servir à la protection de l'éléphant. Pour la CITES, cette démarche doit servir d'expérience pour pouvoir discuter d'une potentielle légalisation du commerce d'ivoire.

De nombreux opposants à cette décision estiment néanmoins que l'autorisation d'un commerce légal ne fait qu'accentuer le commerce illégal. Il renforcerait par exemple la demande en ivoire dans les pays consommateurs. Il faciliterait également le blanchiment d'ivoire braconné illégalement en les transférant via des pays autorisés. Pour certaines ONG de conservation telles que l'IFAW, pour la Fondation Brigitte Bardot ou encore des experts tels que le Français Pierre Pfeffer, l'unique chance de survie de l'éléphant d'Afrique est aujourd'hui de l'inscrire à nouveau en annexe 1 de la CITES. Pour d'autres, notamment les pays autorisés au commerce ou bien certains bailleurs, cela n'est pas la solution, certaines espèces telles que le rhinocéros, inscrit à l'annexe 1, continuant par exemple d'être braconnées et menacées d'extinction. Selon eux, cela sanctionnerait les États qui, depuis vingt ans, se sont investis en faveur de l'utilisation durable des éléphants et de la sauvegarde de leurs habitats, luttent contre le braconnage et voient leurs populations d'éléphants augmenter. Pour ces acteurs, interdire le commerce d'ivoire ferait augmenter son prix et rendrait le braconnage d'autant plus attractif. C'est, selon ces derniers, l'application de la loi qui est un enjeu et l'éducation des consommateurs.

La lutte contre le commerce illégal d'espèces sauvages : de multiples maillons pour une chaîne complexe

La lutte contre le braconnage et contre le commerce illégal d'espèces sauvages s'organise tout au long de la chaîne du trafic, depuis les pays " source " jusqu'au pays " consommateur " en passant par les pays de " transit " (repère 3).

En ce qui concerne les pays " source ", les approches peuvent être d'ordre coercitif ou préventif. Côté coercitif, dans le cas du trafic d'ivoire, il s'agit principalement de parvenir à sécuriser les aires protégées en déployant parfois dans l'urgence des forces armées sur le terrain, de renforcer les capacités des rangers employés mais aussi de mieux assurer l'application des lois fauniques, y compris en assurant l'arrestation et le jugement des trafiquants. Il s'agit enfin de lutter contre le blanchiment d'argent. Le Plan d'action pour le renforcement de l'application des législations nationales sur la faune sauvage adopté par le conseil des ministres de la Commission des forêts d'Afrique centrale (COMIFAC) en juin 2012 œuvre en ce sens, tout comme certaines ONG tels que Wildlife Conservation Society (WCS), le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), Last Great Apes (LAGA), WWF ou TRAFFIC soutenues par l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), l'Union européenne ou la Banque mondiale. Rappelons également l'action du président kenyan en 2011 qui a mis le feu à plus de 300 défenses d'éléphants saisies, faisant ainsi la une des journaux internationaux et montrant à tous son engagement contre le braconnage.

En ce qui concerne les mesures préventives, l'objectif est de sensibiliser les populations riveraines des aires de refuge des éléphants et d'améliorer les connaissances sur l'éléphant en lui-même afin d'adapter les processus de gestion. Il s'agit également de réduire les conflits homme/faune et de proposer des activités alternatives aux braconniers locaux. Là encore, des ONG internationales soutenues par divers bailleurs déploient des actions en ce sens. Citons à ce propos le projet ECOFAC V (Écosystèmes forestiers d'Afrique centrale) financé par l'Union européenne, le Programme régional d'Afrique centrale pour l'environnement (CARPE) financé par USAID, le programme du WWF soutenu par la Banque africaine de développement (BAD) ou encore le projet Campfire au Zimbabwe, qui depuis la fin des années 1980 propose d'associer les populations locales à la gestion de la faune.

Dans les pays de " transit ", les interventions, plus timides, se concentrent aujourd'hui exclusivement sur le renforcement des capacités des agents afin d'améliorer l'application des lois. Elles sont principalement le fait de trois ONG (TRAFFIC, IFAW, FREELAND), soutenues par quatre bailleurs (BAD, USAID et DFID) qui agissent notamment aux Philippines, en Malaisie et à Hong Kong.

Quant aux pays de " consommation ", seules les ONG semblent réellement agir, notamment l'IFAW, le WWF, TRAFFIC, WildAid ainsi que The Nature Conservacy (TNC), UICN et Conservation International qui cherchent à élaborer un plan d'action à cet égard. Leurs initiatives se focalisent sur : la sensibilisation et l'éducation des consommateurs ; l'amélioration des connaissances du marché légal et illégal d'ivoire ; le lobbying auprès de l'administration forestière chinoise pour plus de contrôle du marché et, enfin, l'application des lois internationales et nationales sur les crimes fauniques. Concernant les autorités chinoises, elles s'étaient montrées jusqu'à présent relativement peu enclines à agir pour lutter contre le trafic d'ivoire. Il semblerait que 2013 marque une évolution avec le démantèlement en fin d'année par les douanes chinoises de deux réseaux de contrebande accusés d'avoir introduit illégalement en Chine 12 tonnes d'ivoire, estimées à 73 millions d'euros. Par ailleurs, suivant l'exemple de plusieurs pays dont les États-Unis et le Kenya, le gouvernement chinois a fortement médiatisé sa décision de détruire six tonnes d'ivoire saisies en janvier 2014, signe que le pays souhaite modifier l'image négative véhiculée à son propos.

Le statut des acteurs impliqués dans la lutte contre le trafic est de nature variée. Dans le cas de l'éléphant, une quarantaine d'acteurs ont été identifiés comme étant actifs. Il s'agit de représentants de l'État, d'institutions régionales et internationales, de bailleurs de fonds, d'ONG et d'acteurs du secteur privé. Ils essaient aujourd'hui de mieux se coordonner. L'enjeu est en effet à la fois de mettre en place des systèmes de gouvernance locale et nationale adaptés mais le rôle de la gouvernance régionale et internationale est également particulièrement important tant les maillons de la chaîne sont imbriqués et interdépendants. Des moyens sont ainsi mis en œuvre pour que les États concernés coopèrent avec le Groupe d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique centrale, l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime, avec Interpol qui promeut la coopération policière internationale et l'Organisation mondiale des douanes, par l'intermédiaire du Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages.

Un bilan en attente... savoir dire " non " à l'extinction

Ces deux dernières années, des efforts notables ont été entrepris par la communauté internationale, certains pays et quelques ONG engagées pour lutter contre le braconnage et le commerce illégal d'espèces sauvages notamment. De nombreux événements politiques ont été organisés au plus haut niveau, telle la table ronde des dirigeants africains à Paris en décembre 2013. Vingt-et-un États africains s'y sont engagés à renforcer la lutte contre le braconnage. Citons également les dernières rencontres africaines organisées au Botswana à laquelle étaient invités la Chine et le Vietnam et au Gabon en décembre 2013, donnant toutes deux lieu à des accords entre les acteurs présents. Diverses personnalités politiques, sportives et médiatiques se sont également positionnées officiellement contre le commerce illégal d'ivoire. Citons également le Kenya qui vient de modifier sa loi sur la faune sauvage. Fin janvier 2014, un chinois en possession de deux défenses d'ivoire en provenance du Mozambique a été condamné à 230 000 dollars d'amende. À défaut de paiement il sera condamné à 7 ans de prison. L'année dernière, la loi alors en vigueur ne l'aurait condamné qu'à 350 dollars d'amendes. L'enjeu apparaît donc aujourd'hui reconnu et partagé à l'échelle internationale. Le nombre d'éléphants braconnés serait d'ailleurs à la baisse en 2013. Néanmoins, en octobre 2013, ce sont encore 300 éléphants qui ont été empoisonnés au Zimbabwe. Et soyons clairs, l'éléphant de forêt avec ses 15 000 survivants se trouve en grand danger d'extinction. Les actions menées pour le protéger restent encore trop faibles face aux pressions. Par exemple, l'équipe administrative en charge des espèces sauvages et des zones protégées de la RDC ne peut ainsi compter que sur 110 gardes forestiers pour protéger l'ensemble de ses parcs, soit 6,4 millions d'hectares.

Des solutions sont à encore à créer, des mesures à renforcer à tous les échelons de la chaîne commerciale pour lutter plus efficacement contre le trafic d'ivoire et de manière efficiente, tant les moyens disponibles sont rares. Certains estiment peut être que la cause de la sauvegarde de l'éléphant n'est pas très importante au regard d'autres enjeux. Mais si nous acceptons la disparition de l'éléphant, alors pourquoi pas celle du tigre, du rhinocéros, du pangolin, du lion, de la baleine bleue et, en définitive, celle de leurs milieux ? Tout problème de gestion durable des ressources naturelles est complexe par nature, mais si nous ne nous y attelons pas, c'est bel et bien notre planète qui pourrait finir par disparaître. Les causes et les conséquences de l'extinction d'une espèce sauvage sont inacceptables pour la société, alors ne les acceptons pas.

L'ivoire, un commerce illégal en pleine mutation

Le nombre de saisies d'ivoire illégal a augmenté ces dernières années. Mais, plus préoccupant encore, c'est la masse d'ivoire concernée à chaque saisie qui a augmenté.

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La Chine et l'ivoire

L'augmentation de la demande chinoise d'ivoire est un important facteur de développement du braconnage. Le débat reste vif en Chine et ailleurs entre ceux qui considèrent que le commerce légal de l'ivoire favorise le braconnage et ceux qui estiment qu'il permet une meilleure protection des éléphants.

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Le commerce illégal des espèces menacées : une organisation complexe

Lutter contre le braconnage et le commerce illégal demande de bien identifier les différents maillons d'une organisation complexe et devenue de dimension planétaire.

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