Autorités locales : les pionniers du climat aux États-Unis

Date: 2009
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Autorités locales : les pionniers du climat aux États-Unis
Sommaire de l'article
La préoccupation climatique aux États-Unis
Des Etats en pointe pour le climat

Symbole de la pression qui monte autour de la question du changement climatique, le Sénat américain a accepté d'examiner en juin 2008 un projet de loi sur le sujet, le Climate Security Act. Celui-ci ambitionnait de diminuer les émissions nationales de CO2 de 4 à 6 % en 2020 et de 50 à 57 % en 2050 par rapport à 1990, l'année utilisée comme référence dans le protocole de Kyoto. Alors que la chambre haute avait été saisie de la question pour la première fois en 2003, les débats ont une nouvelle fois tourné court après une manœuvre d'obstruction des adversaires du projet, au prétexte qu'il était " mauvais pour l'économie américaine ". Le président George W. Bush avait de toute façon menacé de mettre son veto. Il s'agit d'une nouvelle occasion manquée de voir les États-Unis adopter à l'échelle fédérale un programme ambitieux de limitation des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Fronde locale. En attendant une prochaine initiative nationale qui pourrait être prise en 2009 par la nouvelle administration Obama, les autorités locales et les acteurs privés sont quant à eux très engagés dans l'adoption de politiques pour faire face au changement climatique : développement des énergies renouvelables, systèmes d'échanges de crédits d'émission de carbone, efficacité énergétique, etc.

S'il est difficile de recenser l'ensemble de ces initiatives, on peut toutefois citer parmi les plus significatives ou les plus récentes, le Regional Greenhouse Gas Initiative, un marché régional d'échange de permis d'émission de GES dans dix États du Nord-Est pour les producteurs d'électricité. La Pennsylvanie, le Maryland, l'Oregon, le district de Columbia et la Californie (qui a adopté en 2004 des normes contraignantes de réduction des émissions de GES pour les automobiles) pourraient, à terme, rejoindre ce marché. Il couvrirait alors 14 % des émissions de GES aux États-Unis, soit l'équivalent des émissions de l'Allemagne. En mai 2008, 136 villes, dont Seattle, New York et Los Angeles, représentant plus de 30 millions d'habitants, ont signé un accord par lequel elles s'engagent à respecter l'objectif de réduction de 7 % des GES prévu par le protocole de Kyoto. Enfin, dernier exemple, en décembre 2003 avait été lancé le Chicago Climate Exchange, une bourse de permis d'émissions reposant sur des engagements volontaires, qui regroupe 90 entreprises situées aux États-Unis, au Canada et au Mexique (Ford, Dupont, Motorola, IBM, American Electric Power, etc.), des ONG et les villes de Chicago et Oakland.

Cette mosaïque d'initiatives locales, associée au volontarisme de l'État fédéral en matière de recherche ''& développement sur les nouvelles technologies énergétiques, contribue à créer un élan favorable à la lutte contre le changement climatique. Ainsi, selon le cabinet d'audit Ernst ''& Young, au premier semestre 2008, les États-Unis se classaient toujours en tête des pays les plus attractifs en matière d'investissement dans les énergies renouvelables. Le rapport indiquant que " les politiques des différents États américains contribuent fortement à l'attractivité du territoire ". Combien de temps encore le gouvernement fédéral pourra-t-il résister à cette pression venue d'en bas et continuer de refuser de s'associer à un régime multilatéral contraignant sur le climat ?

 

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