Arctique : quand le climat ouvre de nouvelles routes

Date: 2009
Régions:
Arctique : quand le climat ouvre de nouvelles routes
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Sommaire de l'article
Arctique | un réchauffement localisé
Arctique | opportunité économique ou risque…
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La fonte constatée de l'Arctique (20 % de moins depuis les années 1970) permet aujourd'hui d'envisager l'exploitation de la zone. En effet, conséquence du réchauffement des eaux maritimes, les routes restent ouvertes plus longtemps tandis que de nouvelles voies apparaissent, offrant des alternatives plus courtes aux gros transporteurs. Par le pôle Nord, l'Asie n'est ainsi plus qu'à 13 000 km de l'Europe (contre 21 000 km par le canal de Suez). On espère aussi beaucoup des ressources géologiques de la région, notamment des réserves d'hydrocarbures estimées à 10 % des réserves mondiales, soit 9 milliards de tonnes de gaz et pétrole. De grands groupes pétroliers se lancent dans la course à l'or noir arctique : le Danemark a délivré une licence d'exploitation du Groenland à Encana Corporation, un groupe pétrolier canadien ; les États-Unis veulent exploiter leur zone maritime (protégée) en Alaska ; la Norvège développe un projet d'exploitation du gaz en mer de Barents. Tous comptent sur l'augmentation des cours du pétrole pour financer les surcoûts liés à l'intervention dans cette région avec les incertitudes que cela comporte.

Le changement climatique tend aussi à pousser les espèces subarctiques à migrer vers le nord, transformant la région arctique en nouvelle zone de pêche.

Dans la course aux ressources naturelles, l'ouverture d'une " nouvelle frontière " pose des questions environnementales et diplomatiques importantes. Les nouveaux passages nord-ouest et nord-est entre Atlantique et Pacifique sont des routes maritimes dangereuses, du fait de leur étroitesse. On s'attend à un grand nombre d'accidents, certains pouvant causer des dommages environnementaux importants comme des marées noires. L'exploitation de la zone est par ailleurs devenue un enjeu stratégique majeur pour la Russie, les États-Unis et le Canada. En août 2007, une expédition scientifique russe a planté le drapeau de la Fédération de Russie par 4 200 mètres de profondeur, affirmant ainsi les droits russes sur les ressources naturelles présentes sous la banquise. Depuis 2001, la Russie accumule les données pour faire reconnaître que le plateau continental russe s'étend jusqu'à la crête de Lomonosow et agrandir d'autant la zone économique que lui octroie la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (lire repère 11). Les Nations unies ayant fixé à mai 2009 la date limite pour recevoir les argumentaires, le Canada, les États-Unis et le Danemark se positionnent donc à leur tour pour affirmer leurs droits.

 

Arctique | un réchauffement localisé

L'observation du réchauffement des températures en Arctique montre toute la complexité du phénomène avec les plus grands écarts avec les moyennes saisonnières constatés dans des lieux bien précis.
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Arctique | opportunité économique ou risque environnemental ?

L'ouverture progressive mais rapide de nouvelles routes de navigation en Arctique crée à la fois des opportunités économiques et de nouvelles menaces sur des environnements fragiles et en transformation. Le flou qui marque la gouvernance de la zone ne permet pas de mettre en place de réels garde-fous.
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